in-citation

Vendredi 21 août 2009
Alors, pour la rentrée littéraire, deux de mes lectures sortent du lot : BW de Lydie Salvayre et un premier roman  Parquet flottant de Samuel Corto. Pour ces deux, on peut y aller, les déceptions ne peuvent pas être bien grandes. Développement prévu un de ces quatre.
Par ster
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Mercredi 7 janvier 2009
J'avais à me rendre où je savais que je devais m'attendre. A l'interrogatoire.
Durant toute cette journée je descendis souvent sous la terre, je remontais de sous la terre, je marchai sur la terre, je traversai des ponts des heures entières, je longeai des chemins sans nom c'était le printemps je vis un coquelicot tout seul allumé tout en haut de sa hampe je descendis plusieurs fois sous la terre, j'y fus surprise par mes morts, surtout l'un, un de mes fils, auquel je ne pensais plus jamais, et qui me revint de a à z ce jour là, j'ai pleuré parce qu'il n'y avait personne, personne pour pleurer mon chien, personne pour se souvenir de lui, je ne pense plus jamais à lui, je traversai plusieurs fois l'envers de la ville en sens opposé, je voyais le dessous des choses partout il y avait ombre du crime et ombre d'abandon et racines enchevêtrées du bien et du mal.


Hélène Cixous, Le jour où je n'étais plus là, éd. Galilée, 2000.
Par sterenn
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Mardi 9 septembre 2008
http://lachaussett.free.fr/?p=46
bien, comme vous pouvez le constater, la chaussette me l'a demandé (et comme je suis amoureuse de la chaussette, je peux pas trop refuser), je réveille la pluplum.

bon, alors la règle du jeu c'est de choisir un book à la page 123 et de recopier cinq lignes à partir de la cinquième. Je pratiquais déjà la lecture magique du hasard mais là je vais recopier proprement les plus belles 5 lignes de toutes les pages 123 de la moitié de mes bouquins lus cette année (c'est à dire fort peu). Je dois dire que mimi a encore gagné, talonnée de peu par marguerite duras dans sa "vie matérielle."

écou-lisons mimi :

"On ne voyait partout que leur face large et ces yeux sans pensées, que le reflet de fortunes colossales a voilé d'une lueur métallique. Ils sont sans intelligence et sans curiosité, regardant cette côte qui aurait dû leur paraître une véritable oasis, un coin charmant de repos, de verdure, d'abondance, avec un visage atone de jeunes veaux en wagon."

Mireille Havet, Journal 1919-1924, p.123, éd. claire paulhan, 2005.

bon, alors je dois moi aussi "taguer" 4 personnes, ça fait beaucoup

après maintes réflexion, je tague

evanoune

euh

meltemoune

euh

carolioune

et

johnoune


voici les vraies règles du jeu :

Règlement :

1.Citer la personne qui nous a “tagué”

2.Indiquer le règlement

3.Choisir un livre, l’ouvrir à la page 123

4.Recopier à la 5ème ligne, les 5 lignes suivantes

5.Indiquer titre, auteur, éditeur, année d’édition

6.Taguer 4 personnes.



Par sterenn
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Lundi 23 juin 2008
oOui, lâchtaplum est dead mais il fallait que je crie une dernière fois : ce livre est génial !!!! j'en suis aux trois quart, mais je sais que ce livre Mon maître mon amour D'Hoda Barakat (chez Actes Sud)  ne me décevra pas car il est déjà un chef d'oeuvre d'intelligence et de sensibilité.

extraits:
" J'arrose l'espace de coups de feu. Je m'enorgueillis de ma force, de la splendeur de mon corps. J'éprouve une immense gratitude tandis que mon regard erre parmi les cadavres. Je ne ressens aucune fatigue; ni lassitude, ni abattement. La route s'étire toujours jusqu'à l'horizon. Les gens ne cessent de sortir des petites maisons et des immeubles bas, bien qu'ils sachent ce qui les attend et me craignent. Ils sortent comme s'ils me demandaient la grâce de les tuer. Juste un instant d'épouvante dans leurs yeux, comme un éclair furtif avant que je tire.
Une musique divine, énorme, remplit l'espace. Une musique descendue de la coupole céleste se répand sur moi comme pour me bénir tandis que je les abats un à un. Le chant des bourreaux entre dans le corps des tués par leur tête éclatée, par les orifices rouge et noir... Le chant des bourreaux ? Je ne suis pas un bourreau. Dieu n'est pas un bourreau quand il anéantit les hommes, purifie la création. Dieu n'est pas un bourreau lorsqu'il envoie les déluges, fait entrer en irruption les volcans, secoue la terre comme un arbre dont les fruits ont mûri jusqu'à la pourriture ultime. La pourriture ultime. "

" Je ne comprends pas la mer. Ni rien d'autre. Je n'avais jamais voyagé. Ni sur mer ni dans les airs. Je n'avais jamais quitté mon pays, ma vie petite, réduite. Qui a enflé comme une tumeur maligne. Comme le ballon des cauchemars qui m'effrayaient."

"Il m'arrive de songer que je suis pour Samia un objet cabossé, ou un papier froissé, qu'il suffirait de lisser. Ou bien un ballon flasque, et il suffirait d'un peu d'air pour le regonfler, pour qu'il retrouve sa rondeur et ses couleurs. Ou une plante d'appartement que ses propriétaires ont oubliée, et un peu d'eau ou d'attention suffirait pour qu'elle retrouve son éclat, sa verdeur, qu'elle reprenne vie, splendeur, et même félicité."

Mais, c'est misérable de balancer quelques citations comme cela ... car c'est un roman formidablement bien construit, au rythme excellent, cruel et sensible à la fois, d'une grande force poétique. Oui, et puis, le côté sad song n'est jamais pesant, ne tombe jamais dans le pathos et le rythme est -encore une fois- trépident ! (un bouquin 4 étoiles, quoi !)

Ces informations étaient assez exceptionnelles pour être hurlées du haut du toit complètement dead de lâchtaplum (jusqu'à nouvel ordre, on ne sait jamais), j'ai pensé que je pouvais les lâcher de toute ma molle vigueur parmi les vivants !
Vous tout-s-e-s qui savez que le temps de lire se vole au nécessaire, et bien, ruez vous dans les librairies !

Par sterenn
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Vendredi 23 mai 2008
citation :

"... une odeur trouble montait de la ville avec des rires nerveux, proches des larmes comme le temps."

Mireille Havet, probablement 1922, Journal 1919-1924.


Les histoires de blog finissent, elles aussi. Versons ensemble un petit rire nerveux.


Par sterenn
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Jeudi 17 janvier 2008
    extrait, pépite d'or trouvée dans une petite flaque :

"Et qu'est-ce qu'elle fait la femme à papa? avait immédiatement demandé Caro qui a toujours eu le souci du détail.
-Des tableaux. Pour mettre sur les murs.
J. P. espérait bien l'amener en douceur à la publicité. ça rapporte. Mais outre que la douceur de J.P. me paraissait objet de doute, le cas était desepéré : Morgane inlassablement peignait le fond des ruisseaux.
 
    Elle passait des journées entières dans la campagne à scruter les berges, traquer le ruisselet, se pencher amoureusement sur la moindre flaque. Elle rentrait fourbue avec des photos des croquis des éudes de graviers ou d'algues des essais de grain ou de couleurs qu'ensuite elle comparait, triait, assemblait, superposait, fragmentait réunissait redispersait à l'infini comme en un kaléidoscope.
    Chaque toile était la mosaïque méticuleuse et stupéfiante de petits morceaux d'univers liquide longuement regardés à la loupe. La lumière y rampait coulait explosait    Ou bien elle s'emparait de la matière inerte par capillarité, la portant à incandescence."

    Mireille Best, Orphea Trois, 1999

Par sterenn
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Samedi 1 décembre 2007
Quand j'étais petite, genre très petite ( j'étais au CP je crois bien) j'avais une récitation de Samivel à apprendre, je crois qu' yavaient des fourmis pas très sympathiques  "pas le temps pas le  temps  " disaient -elles tout le temps, et bien  comme je me suis transformée en fourmi  mais que je suis sympathique , je vous envoie  lire la chaussette

http://lachaussetteailleurs.blogspot.com/2007/12/la-chaussette-et-lordre-public.html

 





Par sterenn
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Vendredi 16 novembre 2007
[...] livre sur le vieillissement "sera mon adieu à l'adolescence, mon renoncement à ce que Deleuze-Guattaru appelleront "l'illimitation du désir" et que George Bataille appelait "l'omnitude du possible", que l'on approche que par le refus indéfini de toute indéterminantion : "Il faut accepter d'être fini : d'être ici et nulle part ailleurs, de faire ça et pas autre chose, maintenant et non jamais ou toujours (...), d'avoir cette vie seulement." Lettre à D. 

trouvaille dans Nancy Huston, Passions d'Annie Leclerc, Actes Sud, 2007
Par sterenn
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Lundi 6 août 2007
Une rue bordée d'colonnes
Où y a jamais personne
Y a simplement en l'air
Des voies de chemin de fer

Des chats décolorés
Filent en prise directe
Sans jamais s'arrêter
Parce qu'il n'y pleut jamais
Le jour c'est moins joli
Alors, on va la nuit
Pour traîner ses savates

Y a des rues où on cause
Qu'ont pourtant pas grand-chose
Des rues sans caractère
Juste un peu putassières
Mais au bout de Paris
Près de la gare d'Austerlitz
Vierge, vague et morose
La rue Watt se repose
Un jour j'achèterai
Quelques mètres carrés
Pour planter mes tomates
Là-bas dans la rue Watt ..."


Bein voilà un bout d'la plus jolie chanson de boris, vian, oui.

Et puisque je suis parisienne, bein j'irai à la rue watt si elle ne vient à moi.

Par sterenn
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Jeudi 5 avril 2007
Je ne savais pas que ce petit caillou m'avait tant parlé... Cette nuit, je relis René Char et je découvre que son caillou était devenu le mien, noyau d'une nouvelle écrite l'an dernier dans l'inconscience de ce lien. Un peu d'indicible.


"Scrute tes paupières", me disait ma mère, penchée sur mon avant-sommeil d'écolier. J'apercevais flottant un petit caillou, tantôt paresseux, tantôt strident, un galet pour verdir dans l'herbe. Je pleurais. Je l'eusse voulu dans mon âme et seulement là."

René Char , extrait de Lettera amorosa




Par sterenn
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