J'avais à me rendre où je savais que je devais m'attendre. A l'interrogatoire.
Durant toute cette journée je descendis souvent sous la terre, je remontais de sous la terre, je marchai sur la terre, je traversai des ponts des heures entières, je longeai des chemins sans nom
c'était le printemps je vis un coquelicot tout seul allumé tout en haut de sa hampe je descendis plusieurs fois sous la terre, j'y fus surprise par mes morts, surtout l'un, un de mes fils, auquel
je ne pensais plus jamais, et qui me revint de a à z ce jour là, j'ai pleuré parce qu'il n'y avait personne, personne pour pleurer mon chien, personne pour se souvenir de lui, je ne pense plus
jamais à lui, je traversai plusieurs fois l'envers de la ville en sens opposé, je voyais le dessous des choses partout il y avait ombre du crime et ombre d'abandon et racines enchevêtrées du bien
et du mal.
Hélène Cixous, Le jour où je n'étais plus là, éd. Galilée, 2000.
Bien longtemps que je n'ai plus eu de tes nouvelles, Sterenn, ce que je regrette tout autant des mises à jour pour le moins irrégulières de ton propre site ! Kenavo ar c'hentañ !
Commentaire n°1
posté par
Luc
le 17/06/2009 à 09h20
Bien du plaisir lire ce petit message ! Je redécouvre Hontes, quel dommage que "le monde de l'édition" ne sache te donner ta chance...
Kenavo ar c'hentañ !
Bah ! Il faut dire que je ne me bagarre pas beaucoup non plus pour... comment dire... fourguer (?) mon gros-oeuvre !
En tout cas, trugarez Sterenn, tes encouragements me vont droit au coeur.
A bientôt donc ?