oOui, lâchtaplum est dead mais il fallait que je crie une dernière fois : ce livre est génial !!!! j'en suis aux trois quart, mais je sais que ce
livreMon maître mon amour D'Hoda Barakat (chez Actes Sud) ne me décevra pas car il est déjà un chef d'oeuvre d'intelligence et de
sensibilité.
extraits:
" J'arrose l'espace de coups de feu. Je m'enorgueillis de ma force, de la splendeur de mon corps. J'éprouve une immense gratitude tandis que mon regard erre parmi les cadavres. Je ne ressens aucune
fatigue; ni lassitude, ni abattement. La route s'étire toujours jusqu'à l'horizon. Les gens ne cessent de sortir des petites maisons et des immeubles bas, bien qu'ils sachent ce qui les attend et
me craignent. Ils sortent comme s'ils me demandaient la grâce de les tuer. Juste un instant d'épouvante dans leurs yeux, comme un éclair furtif avant que je tire.
Une musique divine, énorme, remplit l'espace. Une musique descendue de la coupole céleste se répand sur moi comme pour me bénir tandis que je les abats un à un. Le chant des bourreaux entre dans le
corps des tués par leur tête éclatée, par les orifices rouge et noir... Le chant des bourreaux ? Je ne suis pas un bourreau. Dieu n'est pas un bourreau quand il anéantit les hommes, purifie la
création. Dieu n'est pas un bourreau lorsqu'il envoie les déluges, fait entrer en irruption les volcans, secoue la terre comme un arbre dont les fruits ont mûri jusqu'à la pourriture ultime. La
pourriture ultime. "
" Je ne comprends pas la mer. Ni rien d'autre. Je n'avais jamais voyagé. Ni sur mer ni dans les airs. Je n'avais jamais quitté mon pays, ma vie petite, réduite. Qui a enflé comme une tumeur
maligne. Comme le ballon des cauchemars qui m'effrayaient."
"Il m'arrive de songer que je suis pour Samia un objet cabossé, ou un papier froissé, qu'il suffirait de lisser. Ou bien un ballon flasque, et il suffirait d'un peu d'air pour le regonfler, pour
qu'il retrouve sa rondeur et ses couleurs. Ou une plante d'appartement que ses propriétaires ont oubliée, et un peu d'eau ou d'attention suffirait pour qu'elle retrouve son éclat, sa verdeur,
qu'elle reprenne vie, splendeur, et même félicité."
Mais, c'est misérable de balancer quelques citations comme cela ... car c'est un roman formidablement bien construit, au rythme excellent, cruel et sensible à la fois, d'une grande force poétique.
Oui, et puis, le côté sad song n'est jamais pesant, ne tombe jamais dans le pathos et le rythme est -encore une fois- trépident ! (un bouquin 4 étoiles, quoi !)
Ces informations étaient assez exceptionnelles pour être hurlées du haut du toit complètement dead de lâchtaplum (jusqu'à nouvel ordre, on ne sait jamais), j'ai pensé que je pouvais les lâcher de
toute ma molle vigueur parmi les vivants !
Vous tout-s-e-s qui savez que le temps de lire se vole au nécessaire, et bien, ruez vous dans les librairies !
Derniers Commentaires