Juché haut dans le ciel, d’une grue peut-être, j’observe un grand prix de Formule 1. La météo est délicate ; la piste est gorgée d’eau, et il ne fait aucun doute pour moi que Senna est plus rapide que Prost dans de telles conditions : ses freinages et ses accélérations sont plus efficaces, il passe sans problème.
C’est à ce moment que sur ce tracé de Monaco une patte gigantesque vient faire sortir de piste les trois voitures en lutte pour la première place, alors que j’augmente encore mon altitude par rapport au circuit. Je constate rapidement qu’il s’agit de mon chat qui marche avec concentration sur le tracé, par petits pas et bonds successifs, alors que la ville au centre disparaît pour ne laisser place qu’à une surface plane d’un vert pâle se voulant reconstituer un effet d’herbe.
Une barrière est rapidement posée au sortir du tunnel, au point du bureau de tabac. C’est clairement la main de ma mère qui l’a mise en place, et qui se met à nettoyer la piste à contresens, à partir de cet endroit, avec un chiffon imbibé d’alcool.
Toutefois, mon chat continue sa course dans le sens originel. Tôt ou tard, il va se heurter à la main de ma mère et son chiffon d’éthyle. Je décide donc, afin d’empêcher cette collision, de placer une paire de chaussettes entre Santa Devota et Massanet, juste avant l’entrée de ce dernier virage.
Mon chat s’approche ; il passe le Casino et Santa Devota, et comme je l’avais prévu, s’arrête avant Massanet pour jouer avec la paire de chaussettes, allongé sur la piste, pendant que ma mère poursuit son nettoyage du circuit à l’alcool.
Alors je suis dans le ciel, si haut, et je détourne mon regard.
Luc T.
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