Jeudi 5 avril 2007
Je ne savais pas que ce petit caillou m'avait tant parlé... Cette nuit, je relis René Char et je découvre que son caillou était devenu le mien, noyau d'une nouvelle écrite l'an dernier dans l'inconscience de ce lien. Un peu d'indicible.


"Scrute tes paupières", me disait ma mère, penchée sur mon avant-sommeil d'écolier. J'apercevais flottant un petit caillou, tantôt paresseux, tantôt strident, un galet pour verdir dans l'herbe. Je pleurais. Je l'eusse voulu dans mon âme et seulement là."

René Char , extrait de Lettera amorosa




par sterenn publié dans : in-citation
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Vendredi 30 mars 2007

"Je me souviens d'avoir été laurier - rose et poisson muet." Pythagore

"Le réalisme est une illusion de réalité, le personnage est toujours l'auteur, l'objet est personnage, il est l'auteur, cet arbre que je regarde et décris est touché par la culture, il est Jeanne d'Arc et la retraite de Moscou, nos ancêtres les Gaulois, la Joconde, il est mon oeil." Romain Gary

"Car Je est un autre. Si le cuivre s'éveille clairon, il n'y a rien de sa faute. Cela m'est évident : j'assiste à l'éclosion de ma pensée : je la regarde, je l'écoute : je lance un coup d'archet : la symphonie fait son remuement dans les profondeurs, ou vient d'un bond sur la scène.
Si les vieux imbéciles n'avaient pas trouvé du Moi que la signification fausse, nous n'aurions pas à balayer ces millions de squelettes qui, depuis un temps infini, ! ont accumulé les produits de leur intelligence borgnesse, en s'en clamant les auteurs ! "Arthur Rimbaud -  Extrait d'une lettre à Paul Demeny, 15 mai 1871

"Toutes les formes d'amour, de souffrance, de folie ; il cherche lui-même, il épuise en lui tous les poisons, pour n'en garder que les quintessences. Ineffable torture où il a besoin de toute la foi, de toute la force surhumaine, où il devient entre tous le grand malade, le grand criminel, le grand maudit, - et le suprême Savant ! - Car il arrive à l'inconnu !" Rimbaud, même lettre dite "du voyant"

"L'intelligence universelle a toujours jeté ses idées naturellement" Rimbaud, même lettre

par sterenn publié dans : "écrire pour autrui"
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Mercredi 28 mars 2007
Ce soir, à l'auditorium du musée Fabre, Montpellier, rencontre avec Christine Spianti.

Je ne résiste pas, voici quelques extraits de ses "Notes impersonnelles" :

31
Dispersé, devine ce qui vient à toi, ce qui te suggère, voilà le rêve.

70
Une main nue va tout déplacer.

80
N'ai pas peur de la veille, reprend. Ne laisse pas aller, préfère. Aux vanités identiques préfère le chant. Même tremblant. Tiens-le infiniment. (J'en étais là quand - la vie même ferait mon bonheur-)








par sterenn publié dans : in-citation
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Lundi 26 mars 2007
Catastrophe, dès que je ne nourris plus plu-plume, vous me faites des infidélités, vous vous éclipsez, vous désertez, vous me confondez avec une vieille plume desséchée. Vous pensez trop vite. Voici de quoi lire, ruminer, ce que vous voudrez.

Je lis actuellement la correspondance de v. and v. J’aime bien les appeler ainsi vita sackville-west et virginia woolf. Ma lettre préférée de virginia est encore peut – être celle du 18 février 1927, (vita est en Perse pour ne pas changer), virginia  s’y montre amoureuse, espiègle et crue dans l’anecdote relatée, se fardant de mystère, tristement occupée à des tâches aussi passionnantes que « supprimer des virgules » et les remplacer par des points-virgule. La tonalité est d’une grande légèreté. Vita, à la même période, confie son ennui des dîners diplomatiques, ses randonnées au fin fond de la Perse, sa grande nostalgie de virginia, pense à la solitude comme à une délivrance de la vacuité des mondanités (en vraie intellectuelle…) Je m'attache donc quelque peu aux vi et m'en retourne, moi, telle un v banissant rigoureusement (presque) toute mondanité,ne pouvant randonner ni en Perse ni au  Québec (pays exotique choisi au hasard), je m'en retourne disparaître dans le grand livre rose.


 


par sterenn publié dans : lectures
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Mercredi 21 mars 2007

Rien



Sans ailes
Je vole à ras de terre
Ignorant le ciel, je ne peux le percer.
Il ne peut m’envahir,
Ne s’infiltre pas dans mes songes,
Puisque je n’en ai point.
Je suis mon absence
Sans peau. Sans fibre.
Sans yeux verticaux
Ombre de mon ombre
Pierre.
Attitude transie
Je suis souvenir, le mien,
Rien


Cristina Castello, à découvrir sur son site : 

http://www.cristinacastello.com/


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Dimanche 18 mars 2007
On peut se le demander.
extrait :
"Si tu n'es pas spécialement vigilante, je t'apporterai une tortue pour de bon, car il y en a partout ici. (As-tu lu ce que dit Lawrence, D H au sujet des tortues?)"

correspondance vita sackville-west virginia woolf (lettre du 8 avril 1926, "ici" : Téhéran")


par sterenn publié dans : devine !!
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Jeudi 8 mars 2007
Je mangeais mes carottes crues et oranges (oui) et à ce moment (presque) de bonheur je fus assaillie par une odeur de mégots froids qui traînaient dans le cendrier (lavande) à mon côté. Je ne sais pas comment mais les hommes en gris revinrent en trombe envahir mes pensées carotte, vous savez les hommes qui fument des cigares qui sont des pétales de fleurs qui sont elles même la vie des hommes. Ah! Momo (Mickaël Ende)... lecture sacrée de mes neuf ans .....   "Le plus beau livre du monde" avais je écrit sur la dernière page, je crois que je suis encore d'accord. Mais bon, ça ne va pas m'empêcher de fumer des pétales de temps à autre.. mais je promets à Momo d'arrêter ... un jour.
Sur ce, pause café.
par sterenn publié dans : lectures
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Vendredi 2 mars 2007

… Et ils disent que la vie est un rêve :

                                                             non pas ;

pas seulement un rêve. Le rêve est une part de la vie.

Une part confuse, dans laquelle le visage et

l’être s’acharnent l’un contre l’autre, se tressent l’un à l’autre,

comme des animaux d’or, rois de Thèbes

repris à leur mort (qui se brise).

 

Le rêve est la traîne de brocart qui tombe de tes épaules,

le rêve est un arbre, un éclat fugitif, un bruit de voix- ;

un sentiment qui commence et s’achève

est rêve ; un animal qui te regarde dans les yeux

est rêve un ange qui jouit de toi

est rêve. Rêve est le mot qui d’une douce chute

tombe dans ton sentiment comme un pétale

qui s’accroche à ta chevelure : lumineux, confus et las-,

lèves-tu seulement les mains : c’est encore le rêve qui vient,

et il vient comme tombe une balle- ;

tout, ou presque, rêve-,

                                       et toi, tu portes tout cela.

 

Tu portes tout cela. Et avec quelle beauté tu le portes.

Chargée de lui comme de ta chevelure.

Et cela vient des profondeurs, cela vient

des hauteurs jusqu’à toi et par ta Grâce…

 

Là où tu es, rien n’a attendu en vain,

nulle part autour de toi il n’est fait de tort aux choses,

et c’est comme si j’avais déjà vu

que des animaux se baignent dans tes regards

et boivent à ta claire présence.

 

Mais ce que tu es : cela seul je l’ignore. Je sais

seulement chanter ta louange : cercle de légende

autour d’une âme,

                              jardin autour d’une maison

dans les fenêtres de laquelle je vis le ciel-.

 

Ô tant de ciel, s’en allant, vu de si près ;

ô tant de ciel sur tant d’horizon.

 

Et quand c’est la nuit- : quelles grandes étoiles

ne peuvent manquer de se refléter dans ces fenêtres…

 

Rainer Maria Rilke

Poèmes à la nuit


 

par sterenn publié dans : citation
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Vendredi 16 février 2007
je mange des biscuits à l'écorce.
je conseille mais avec du thé.

j'ai vérifié, c'est un complet hasard mais c'était bien le 16 février dernier, j'avais déjà lâché une info magnifique.

depuis je  crois aux influences astrales.
par sterenn publié dans : délirium
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Mardi 13 février 2007
Il vous faut découvrir cette auteur, une qualité littéraire indéniable, quelque chose à dire et les mots qui collent.
son blog "là haut dans la montagne"

http://montagnes25.blog.mongenie.com/

 

par sterenn publié dans : in-citation
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